Les rochers de lettrés proviennent de trois sources principales : le district de Lingbi dans la province de l’Anhui, celui de Ying dans le Guangdong, et le lac Taihu, immense étendue d’eau douce située dans le delta du Yangzi. Les pierres qui émettent un son clair quand on les frappe sont particulièrement recherchées.

Si l’on ne peut pas proprement parler de « pierre de méditation », terme associé généralement à un contexte rituel ou religieux, les gongshi (littéralement « pierre aux esprits ») sont néanmoins un objet de contemplation. Ils invitent le spectateur à communier avec l’énergie même de l’univers, le souffle vital ou qi (transcrit k’i ou ts’i dans l’ancienne graphie EFAO) qui trouve dans ces pierres sa forme solide. Ils évoquent aussi les montagnes du paradis taoïste, percées de grottes où vivent les immortels. Le jeu du vide et du plein – concept fondamental dans la peinture chinoise – et celui de l’ombre et de la lumière évoquent l’équilibre taoïste du yin et du yang : celui de l’harmonie de la nature.

Les gongshi sont collectionnés dès la dynastie des Tang (618-907), et le premier traité consacré exclusivement à l’appréciation des pierres, le « Catalogue de pierres de la forêt de nuages », date de 1133, sous la dynastie Song (960-1279). Les pierres les plus grandes étaient destinées aux jardins où ils étaient placés selon les principes du fengshui, mais les petits exemplaires étaient également recherchés pour orner la table du lettré.

UPRIGHT SCHOLAR’S ROCK

• Gisèle Croës Gallery, Belgium.

• Rochers de lettrés. Itinéraires de l’art en Chine (Scholar’s Rocks: Itineraries of Art in China), Musée national des arts asiatiques – Guimet, exhibition, 28 March–25 June 2012, Paris, Musée Guimet, 2012.

Photo credit : Studio Asselberghs – Frédéric Dehaen.
Courtesy of Galerie Gisèle Croës.
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